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Histoire

’EGLISE SAINT GEORGES DE BRUE REDEVIENT COMMUNALE : UNE HISTOIRE TOURMENTEE

Le 7 février 2003, sur une proposition du maire André Rousselet, le conseil municipal de la commune décide d’accepter la donation à l’euro symbolique de l’église Saint Georges de Brue par le diocèse de Fréjus Toulon à la commune de Brue Auriac.
L’acte, passé le 12 février 2004 permettra de sécuriser et d’embellir un monument qui lui avait appartenu jusqu’au 5 août 1912, tout en garantissant à l’association diocésaine de Fréjus Toulon l’affectation cultuelle de l’édifice. Le retour à son histoire est possible grâce aux travaux de recherche réalisés par Jacques Martin-Laval dans « Si Brue m’était conté » :

Située au centre du village selon le souhait des villageois du XIXème siècle, son histoire est liée à la commune de Brue. La lecture des délibérations des conseils municipaux permet de retracer le curieux parcours de cette église.
Dès le 27 germinal An XI (18 avril 1803), le conseil municipal délibère à ce sujet : « l’église paroissiale (à cette époque c’est la chapelle de Notre Dame, près du cimetière actuel) et le presbytère sont éloignés de 1000 mètres du village, ce qui est un inconvénient. Ils sont l’un et l’autre dans un état de délabrement presque total ». Or il existe dans l’enceinte du village un bâtiment destiné au culte bien plus vaste. L’idée d’échanger la chapelle Notre Dame avec l’église personnelle de Roux de Corse (sur le cours, appartenant à cette époque à Dame Roux de Glandeves) ne se concrétisa jamais, et l’idée de la construction d’une église communale dans l’enceinte du village se précise peu à peu.

Le 23 janvier 1839 « dans sa sollicitude paternelle, le conseil municipal désirerait, dans l’intérêt de la religion, que la paroisse champêtre fut construite dans le village même ». Mais en attendant la construction de cette église, l’abbé Chalot nous dit : « M. Montagnac, recteur de la paroisse de Brue, installa un petit oratoire dans une maison particulière qu’il aménagea de son mieux et à ses frais, lequel oratoire était situé juste en face de la chapelle du cours dans l’immeuble actuellement occupé par le Cercle Républicain ».

Plusieurs années s’écoulent, plusieurs devis sont discutés. En 1856, les comptes sont définitivement arrêtés et le règlement se fera ainsi :

Secours de l’Etat ...........................................................6 000 frs (30,7%)
Secours promis par le préfet (sur amendes de Police) ......3 298 frs (17%)
Souscription volontaire ..................................................4 231 frs (21,6%)
Emprunt .......................................................................6 000 frs (30,7%)

Une imposition de 20 centimes additionnels sur le principal des quatre contributions directes pendant 12 ans est votée par le Conseil. La décision est prise par le nouveau Maire, Maurice Calvin qui succède à Jean Clapier récemment décédé. Le 10 janvier 1857, c’est Mme Veuve Adèle Clapier qui vend à la commune le terrain où l’église sera rapidement construite (peut-être un peu trop vite) car la bénédiction de l’église a lieu pendant l’été 1858 (un an et demi après l’acquisition du terrain). Le conseil municipal, Maire et adjoint en tête, en charge de la nouvelle église, a assisté à la bénédiction solennelle dont M. le curé de Barjols a été chargé, M. l’Evêque ne pouvant se rendre à cette cérémonie. L’église a pour marraine Mme Adèle Clapier et pour parrain son petit neveu Georges (il a 8ans). Plus tard, en 1880, Mme Clapier fait construire le presbytère qui se trouve derrière l’église.

En 1858, lors de la réception de l’église, une lettre écrite par le secrétaire de la mairie « à propos de la construction de l’église » relève quatorze points défectueux dans cette construction. Construite très rapidement, nous l’avons vu, elle a été mal construite. Dès 1898, des lézardes apparaissent. La municipalité et la préfecture ordonnent la fermeture de l’église. Le culte est alors célébré dans la chapelle du cours. Quelques réparations sont faites en 1899. Elles sont insuffisantes et l’église est à nouveau fermée. Or l’article 13 de la loi du 9 décembre 1905 (séparation de l’Eglise et de l’Etat) dit : « les immeubles autrefois affectés aux cultes et dans lesquels les cérémonies du culte n’auraient pas été célébrées pendant au-delà d’un an, peuvent être désaffectés par décret ». La municipalité demande donc la désaffection de l’église paroissiale le 19 mars 1908. Elle est accordée par décret présidentiel le 28 juin 1908. Le conseil municipal décide de transformer l’église en bureau de poste et en salle de conférence. Mais le 5 août 1912, « à la veille de la démolition de l’église, les demoiselles Bon l’achètent pour la somme de 9 500 frs ».

La restauration de l’église est réalisée grâce à une souscription qui recueille 10 000 frs. La deuxième bénédiction solennelle de l’église a lieu le 7 septembre 1913 en présence de Monseigneur Guillibert et de bien d’autres personnalités. L’abbé Chalot nous dit : « plus de cinquante hommes assistaient à cette cérémonie. Les choristes admirablement exercés par les demoiselles Lieutier, rehaussèrent avec honneur l’éclat de la cérémonie ». Par la suite, les demoiselles Julie et Marie Bon cédèrent le bâtiment à M.Olmi en 1925. Et en 1927 celui ci en fit don à l’association diocésaine.

En 1997 l’église Saint Georges de Brue a besoin de réparations. Des devis sont demandés pour les travaux envisagés au niveau des couvertures, des façades et des vitraux. L’Association diocésaine ne paraît pas en mesure de supporter la totalité des frais.

Devenue propriétaire de l’édifice et garante de la gestion des murs, la commune engage dès 2004 une première tranche d’investissement de 26 797 euros (175 777 francs TTC) pour réhabiliter la toiture. Sa restauration complète s’inscrira dans les années à venir. Un nouvel épisode de sa curieuse histoire.